CRACHE-LA, TA VALDA
Vanessa Theodoropoulou
Et toi, avec tes airs de douce gamine innocente, avec cette fausse naïveté que tu maîtrises si bien et qui m’exaspère pour le degré d’indécence et de sournoiserie qu’elle cache, t’as osé me répondre : « mais non mon chéri (petit sourire coquin, caresse sur la joue) tu te trompes, voyons !! Alexandre n’est qu’un ami ! ». Un ami !!! Un ami avec qui tu te barrais tous les quatre matins pour des « petits week-ends philo » dans sa belle crèche isolée au bord du lac, qui t’envoyait des messages à deux heures du matin pour partager en direct avec son « âme sœur » je ne sais plus quel « malheur de génie », comme tu me chuchotais dans un ton grave et préoccupé, qui ne me disait J-A-M-A-I-S bonjour quand on se croisait tous les trois, faisant systématiquement semblant d’ignorer mon existence !!! Tu appelles ça un ami ??? Cette crapule déformée par l’arrogance et le mépris, ce prétentieux imbécile, ce dragueur, ce bêcheur, ce charlatan, ce coquillard de mes balloches !!! Mais Hélène, auras-tu un jour le courage de me regarder droit dans les yeux et de me dire : « Oui Paris, je t’ai trahi, j’ai sèchement joué avec tes sentiments, j’ai cruellement profité de ton amour aveugle et de ta confiance pour m’amuser avec un autre, j’ai été une menteuse, une pétasse, une salope. Une vrai marquise. Oui Ménélas, t’as été une cave, un jeté, et moi une petite maline, une fausse libertine, une profiteuse, une moisissure, un parasite féminin, un serpent, une grosse grenouille puante déguisée en Ophélia aux yeux translucides ... »

